Païka

Publié le par Eve

Je la veille à mon tour. Comme elle
Lorsqu’hier encore, elle posait sur mes larmes son grand regard velours qui disait
La vie, tu sais, doit bien finir un jour.

Je ne veux pas qu’elle parte

Ni cesse d’éployer en mon cœur les cistes de son amour.
Immense. Eternel.
Comme les bras d’un géant qui me sert et m’étouffe, sa gueule dans mes veines.
A tes côtés toujours. A tes côtés toujours.
L’obscurité se lève dans l’angle de ses yeux et couvre d’aniline nos lendemains heureux. Atroce chimère que celle d’être encore.
Inséparablement

Je ne veux pas qu’elle parte

Auprès d’elle je me couche
Pour l'accompagner aussi loin que je peux.
Je lui promets la douceur des jardins d’Eden.
Je lui promets l’eau fraiche, les prairies immenses, les lyres de Pindare pour apaiser ses peines
Mais moi-même, je ne sais pas
Sa gueule dans mes veines
La pénombre, la nuit sombre et pénombre de ses yeux qui me disent
La vie, tu sais...
Entière dans mes bras
La vie, je ne sais pas
Les flammes de son cœur qui s’apaise, son petit corps inerte et le souffle de sa lumière
Ont rivé dans ma peau

Je ne veux pas qu’elle parte, Je ne veux pas qu’elle parte

Mais déjà
Déjà, le ciel se farde, la lune s'annonce.
Sans lyre ni étoile
Ce soir je déposerai ma foi au pied d’un arbre vide et je rentrerai seule.
Son ombre dans mes pas

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Publié dans Poésie

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