DE MOTS A MAUX
Aaaah, les joies de l'Ecriture... Exemple type de rapports chaleureux entre l'écrivain et un éditeur, suite à l'envoi par email de son travail:
Mademoiselle,
Bien que vous n'ayez pas respecté la procédure de soumission de texte qui est CLAIREMENT expliquée sur notre site, nous avons lu les premières pages de votre roman. Votre travail n'est pas suffisamment mûri pour que nous envisagions de l'éditer.
Bien cordialement
Madame S.
Editeur
Madame,
Lorsqu'on est immature, on ne respecte guère les règles. C'est bien connu. Et lorsqu'on est jeune écrivain, il est parfois difficile de financer l'impression et l'envoi d'un manuscrit. L'un allié à l'autre, j'espère éveiller en vous un soupçon de clémence concernant mon non-respect de laprocéduredesoumissiondetextequiestCLAIREMENTexpliquéesurvotresite - que je n'ai pas parcouru-
L'essentiel est que vous ayez lu les premières pages de mon manuscrit et je vous en remercie. Les fruits les plus excquis étant rarement ceux que l'on ramasse au sol. Pensez-y la prochaine fois que vous dégusterez une pomme.
Excellente journée
Eve THIEL
Auteur
Merci de votre réponse
je me permets de conserver cet échange de mails pour l'insérer dans un livre en projet sur les correspondances qu'un éditeur reçoit des auteurs. Vous y figurerez en bonne place et comme tout ceci est très professionnel vous y serez citée sous votre nom, car j'imagine que vous assumerez votre prose.
SI vous aviez consulté le site vous auriez pu voir qu'il n'est pas obligatoire d'envoyer un manuscrit par la poste... mais vous êtes tellement au-dessus de tout cela sous le couvert de votre immaturité... Apprenez que la clémence n'a rien à vous avec le professionnalisme, et quant aux pommes, vous m'en faites une belle en pensant qu'on appâte les mouches avec du vinaigre.
Bon, j'ai assez perdu de temps avec vous, mais j'imagine que vous vous attendiez à ce que Monsieur Gallimard vous réponde en personne si vous lui envoyez un pdf ?
Madame S.
Editeur
Madame S.
Paraitre enfin dans un livre, ô but ultime des écrivains de bas étages que je représente, Madame, et d'après votre opinion. Ce serait un des cadeaux les plus inespérés avant Noël.
Merci d'avoir perdu votre temps à me repondre, j'en suis des plus honorées. Car non, Madame, peu importe les Gallimard et autres Grands Noms de la profession qui n'auront - Dieu les en préserve - jamais vent de mes écrits, car seule la critique acerbe construit et elle vient, le plus souvent, des bouches les moins renommées.
Ainsi, je vous souhaite une bonne continuation et bien le bonjour au professionnalisme que je ne côtoie guère car parait-il qu'il est sérieusement chiant.
Salutations non moins respectueuses,
Eve THIEL
Auteur