CONTE ET RACONTE
Séance de contes aujourd'hui, à la bibliothèque Lancry de Paris, dans le 10e arrondissement - 15h-.
J'y conterai une adaptation de ce conte d'origine, version de D. Gaillot-Monville, en hommage à ma région natale.
D'OU VIENT LE SAPIN?
Le sapin est le seul arbre qui convienne aux régions montagneuses . Et là bas, on l'appelle « l’arbre du diable »...Ceux qui le disent savent bien pourquoi et c’est ainsi que je l’ai su à mon tour.
On dit au temps d’il y a bien longtemps, le diable n’en pouvait plus... il avait vraiment trop de travail : accueillir les mauvaises âmes condamnées à l’enfer, veiller à entretenir de bons feux pour bien les griller, mais surtout s’occuper de ses enfants, il en avait mille, vous vous rendez-compte ? 1000 diablotins insupportables !
Alors pour retrouver un peu de calme, un beau matin d’été bien ensoleillé, bien chaud, il décida d’installer sa bruyante marmaille sur terre (le temps qu’ils grandissent et deviennent de vrais diables) ... et hop ! hop ! hop ! une véritable pluie de diablotins, tomba un peu partout.
Et ceux là n’étaient pas contents du tout, il se mirent à gémir, à se plaindre, à pleurer, puis à crier du matin au soir « aïe, aïe, aïe ! Il fait trop chaud sur ces rochers tout nus, il fait plus chaud qu’en enfer, nous allons tous griller... Père fais quelque chose pour nous... »
Le Diable qui croyait être bien tranquille finit par monter sur terre pour se rendre compte de la situation... et là il se mit à transpirer à grosses gouttes « diable, diable, c’est pourtant vrai qu’il fait plus chaud ici qu’en enfer, par mes pieds fourchus, je dois trouver une solution » et il fit pousser des buissons pour faire un peu d’ombre. Puis, rassuré, il remonta s’occuper de ses affaires en enfer.
Hélas, voilà que toutes sortes de bêtes accourent, chevreuils, chèvres, vaches qui n’ayant rien d’autre à manger, le soleil ayant tout grillé, se mettent à grignoter les bourgeons, les feuilles et même les brindilles et de nouveau les diablotins se remettent à crier au secours. « aïe, aïe, aïe ! les bêtes ont mangé toute notre ombre il fait toujours plus chaud qu’en enfer, nous allons tous griller... Père fais quelque chose pour nous... »
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